Journal de la Voix
Accueil » Business & Voix » En France, la grande distribution se lance dans les courses intelligentes

En France, la grande distribution se lance dans les courses intelligentes

2019 pourrait bien marquer un tournant dans la manière de faire ses achats. Le démarrage prochainement d’un accord stratégique entre Carrefour et Google pour aider à faire ses courses vocalement changera la vie d’un grand nombre de consommateurs. Mais Carrefour n’est pas le seul. Monoprix avait ouvert le bal en 2017 et Leclerc arrive également au premier trimestre 2019. Simples gadgets technologiques il y a peu, les assistants vocaux sont devenus de véritables assistants personnels dans le quotidien de chacun.

Après le e-commerce, le commerce électronique, on parle maintenant de V-commerce. Le commerce vocal. Des études ont montré qu’aux Etats-Unis, 25% des personnes utilisant un assistant vocal l’ont fait pour leurs achats. Et 10% le font tous les mois.

Commerce vocal

Dans l’étude publiée par Narvar, les résultats montrent que les utilisateurs se tournaient vers des assistants vocaux pour l’ensemble du processus d’achat. De la recherche à la re-commande en passant par les commentaires.

Le V-commerce est encore au stade du démarrage et les prévisions de croissance sont plus que positives. Alors que le nombre de haut-parleurs intelligents augmente rapidement, les assistants virtuels accessibles via un smartphone continuent de générer des volumes de recherches et d’achats importants. Pour capitaliser sur l’utilisation des smartphones, les marques doivent être prêtes avec des stratégies de recherches conversationnelles pour faire ressortir le contenu le plus pertinent.

Que se passe-t-il en France ?

Chez nous, les enseignes de la grande distribution ont compris assez vite tout l’enjeu des assistants vocaux. Ils sont plusieurs à se positionner sur cette nouvelle technologie. Monoprix a été un des premiers à lancer son “Bot”, suivi par Carrefour et “Léa”, Leclerc est aussi dans la course avec “Mémo course”.

Dans chacun des cas, le principe est assez similaire, permettre aux consommateurs d’ajouter les produits dont ils ont besoin à leur liste de courses, simplement par la voix. Fini le post-it ou la liste de courses posée sur le réfrigérateur et oubliée la plus part du temps. Tout est maintenant sur son smartphone.

Monoprix premier sur le shopping vocal

Monoprix a été pionnier en novembre 2017 dans le domaine des assistants vocaux en partant d’un constat assez simple : 91% de ses clients font une liste de courses et 30% la font sur leur smartphone. Voyant les possibilités offertes par Google Assistant, l’enseigne affirme dans un communiqué « Ayant toujours à cœur de simplifier la vie de ses clients, Monoprix innove en faisant appel à la technologie des assistants vocaux pour proposer la première liste de courses intelligente en France. » Avec un slogan publicitaire plein de références et d’humour.

Monoprix google home

A l’époque, Pierre-Marie Desbazeille, responsable marketing et expérience client de l’enseigne explique « Nous travaillons depuis plusieurs mois à détrôner « le post-it » des courses. Grâce à l’assistance vocale, nous pouvons enfin offrir une alternative à nos clients. Avec toujours à l’esprit de minimiser les contraintes pour rendre les courses plus pratiques, plus simples et plus ludiques ! »

En collaboration avec l’agence Artefact, un spécialiste de la data et de l’AI, Monoprix a développé un assistant vocal très simple. Il suffit de dire à Google Home “Parler avec Monoprix » pour être mis en relation avec le service. Le client se connecte ensuite avec son numéro de carte fidélité qui contient tout son historique d’achats. L’assistant vocal connait donc toutes les marques préférées. Il suffit de dire “pâtes” ou “fromage” pour que sa marque favorite soit ajoutée à la liste.

Mais Monoprix veut aller plus loin en suggérant des achats complémentaires. “Si un client demande d’ajouter du lait et des oeufs, l’assistant vocal pourra suggérer de prendre de la farine pour faire des crêpes” expliquait toujours Pierre-Marie Desbazeille. Des suggestions qui pourront être monnayées au près des marques, comme c’est le cas dans les magasins physiques pour apparaître en “tête de gondole”.

Une fois la liste de courses terminée, le client se rend sur le site pour régler sa commande.

Carrefour, lancement début 2019

Carrefour et commerce vocalEn juin 2018, Carrefour a signé un accord avec Google pour permettre à ses clients d’utiliser Google Assistant pour faire leurs courses par la voix. Le partenariat entre les deux sociétés reposait sur trois piliers : le déploiement de l’offre Carrefour sur Google Shopping et sur Google Assistant, la création d’un Lab Carrefour-Google et l’accélération de la numérisation du groupe Carrefour. Qui entend investir 2,8 milliards d’euro d’ici 2022 dans le e-commerce.

Au sein de l’entreprise Carrefour, c’est un virage important qui est entrepris. 160.000 salariés vont passer sur Google Suite, les outils bureautiques et collaboratifs de Google et plus d’un millier de salariés de Carrefour vont être formés à la culture digitale.

Pour le consommateur, le fonctionnement est similaire à celui de Monoprix. “Ok Google, parler avec Carrefour” et vous êtes mis en relation avec Léa, l’assistante vocal du groupe de distribution. Le client se connecte via son compte Carrefour Drive ou « Ooshop », puis remplit sa liste de course par la voix.

Leclerc arrive aussi sur le marché

Leclerc et commerce vocalEgalement prévue pour ce début d’année, l’offre « panier Drive » fait son apparition sur la plateforme de l’enseigne Leclerc. Dans un premier temps, les consommateurs avaient accès à « mémo-course » pour réaliser leur liste d’achats. Une liste qui se retrouvait dans l’espace personnel sur le site et dans les applications Drive de Leclerc. Ainsi que sur E.Leclerc chez moi, le site parisien de livraisons à domicile.

Mémo-course, qui fonctionnait essentiellement de manière textuelle permettra désormais de compléter la liste vocalement notamment avec Google Assistant. Chaque produit ajouté à la liste, devient un produit « référence » pour les achats futurs, ne nécessitant plus de préciser la marque préférée. Et si le produit est nouveau, le consommateur est redirigé vers le site pour trouver exactement ce qu’il souhaite.

Au moment de l’annonce du projet, Maud Funaro, directrice de la stratégie et de l’innovation, expliquait « Le vocal ne fera peut-être pas 100% de la transaction sur 100% des produits d’un panier alimentaire. Cela représente tout de même un certain nombre d’articles. Pour plus d’efficacité, nous pensons donc qu’il faut associer le vocal au visuel, ce qui est possible via l’enceinte connectée. »

Le commerce vocal reste un marché émergent chez nous. Alors qu’aux Etat-Unis, il est déjà en pleine expansion, certains observateurs affirment que ce marché mondial de 2 milliards de dollars aujourd’hui pourrait grimper jusqu’à 40 milliards de dollars de chiffre d’affaires d’ici 2022.

La grande distribution française semble donc avoir bien compris toute l’importance d’être présente dans le secteurs des assistants vocaux. Et pourtant, contactés par Le Journal De la Voix, Monoprix, Carrefour et Leclerc, aucun n’a souhaité commenter ni communiquer sur sa stratégie, en matière de commerce vocal.

Affaire à suivre…

Ces articles peuvent vous intéresser :

Intelligence Artificielle & Assistants Vocaux : de la connaissance à l’action

Alexis

La compagnie aérienne Virgin lance l’enregistrement via Alexa en Australie

Alexis

Avec Zigbee Alliance, Amazon entend influencer la norme de la maison connectée

Antoine

Retour sur le premier Voice Business Club

Alexis

Alexa for Hospitality : faciliter votre séjour à l’hôtel

Antoine

Sherpa, un assistant vocal espagnol dépasse les 5 millions d’utilisateurs et lève des fonds

Alexis

Laisser un commentaire