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Les assistants vocaux et les accents

Avec la montée en puissance des assistants vocaux ces dernières années, le nombre de locuteurs augmente nécessairement, ce qui pose la question… des accents ! En effet, quoi de plus frustrant que de ne pas être compris par son assistant ?

Parler français, oui, mais lequel ?

En 2018, on estimait à 300 millions le nombre de locuteurs français dans le monde. Europe du Nord et de l’Ouest, Amérique du Nord, Afrique du Nord–Moyen-Orient… Autant de locuteurs et donc d’accents différents ! 

Répartition des locuteurs quotidiens du français dans le monde en 2014, Organisation internationale de la Francophonie, 2014.

Avec l’arrivée des assistants vocaux, beaucoup de francophones se sont sentis frustrés de ne pas être compris, et ont été forcés d’adopter l’accent français « parisien » pour s’exprimer, ce qui a parfois eu du mal à passer. Il suffit de jeter un coup d’œil aux titres d’articles récents pour se rendre compte de la frustration, notamment chez nos cousins belges et québécois : « a désormais un accent belge », « comprend maintenant les expressions et l’accent québécois » ou « ENFIN disponible en québécois » titrent les médias locaux.

Pourtant, ce ne sont pas les plus mal lotis. Depuis le premier trimestre 2019, Alexa comprend en effet l’accent québécois et le français québécois, avec des termes comme « fin de semaine » pour weekend et « magasinage » pour shopping. L’assistant vocal comprend également des expressions québécoises typiques telles que « partir un timer ».

En revanche, les assistants vocaux sont encore loin de comprendre tous les accents de France, qu’il s’agisse des accents du nord (ch’ti, normand ou breton) ou des accents plus chantants du sud (est ou ouest).

Quel Assistant gère le mieux les accents ?

La question se pose alors : les assistants vocaux sont-ils égaux face aux accents ? Nos confrères de chez WIRED ont décidé de mettre l’Assistant Google, Alexa et Siri à l’épreuve. Ils ont choisi quatre questions présentant des difficultés potentielles de compréhension des accents, et ont demandé à huit personnes de les poser en anglais aux différents assistants. Des locuteurs à l’accent américain, écossais, irlandais, britannique, australien, japonais, allemand et italien ont ainsi demandé aux divers d’assistants d’ajouter de la sauce Worcestershire à leur liste d’achats, quelle était la date de naissance de Benedict Cumberbatch, quel pays avait pour capitale Ouagadougou ou encore qui était l’auteur de Westworld.

L’Assistant Google remporte le défi haut la main, butant seulement parfois sur l’accent italien. Siri arrive en deuxième position et Alexa en bon dernier. Le résultat n’est pas vraiment surprenant, étant donné que l’Assistant Google a été proclamé dernièrement le plus intelligent.

Au-delà de l’accent

Mais l’accent ne fait pas tout pour être compris par un maximum de locuteurs. Les assistants vocaux doivent également être en mesure de comprendre les expressions locales et de prendre en compte les particularismes régionaux. Et quand on voit que rien qu’en France, il existe près d’une dizaine de termes pour parler d’une serpillière (wassingue, toile, cinse, panosse, pâte, pièce et j’en passe), on comprend bien que tous ces régionalismes sont un véritable casse-tête pour les développeurs.

Des améliorations ont déjà vu le jour pour les marchés belge et québécois notamment. Ainsi, Siri et l’Assistant Google ont pris le pli puisqu’ils comprennent des demandes telles que « Dis, Siri, monte le chauffage » ou « Ok Google, y fait-tu frette dehors ? ». Des consultants au Canada ont également travaillé à adapter la personnalité des assistants à leur marché. Lorsqu’on demande à Alexa quelle est sa chanson préférée, l’assistant est capable de faire référence à des groupes québécois notamment.

Même chose du côté de la Belgique, qui dispose désormais de sa propre version sur l’Assistant Google depuis le mois de mai. Cela permet ainsi de disposer d’une expérience plus locale, avec des chansons belges ou la possibilité d’obtenir les résultats des compétitions sportives belges. De nombreuses entreprises belges comme Telenet, Proximus, la SNCB ou la VRT permettent désormais une interaction directe avec l’assistant. Ainsi au-delà de la langue et de l’accent, la réalité locale est également un facteur très important.

Si la situation a bien évolué depuis les premiers tests hilarants témoignant des performances médiocres des assistants vocaux, il y a quelques années de cela (de nombreux médias titraient alors « Lost in translation »), il reste encore des progrès à faire. De nouveaux acteurs n’hésitent d’ailleurs pas à mettre l’accent (sans mauvais jeu de mots) sur ce point pour faire leur promo. Aux États-Unis, l’Assistant Google peut ainsi répondre avec l’accent australien ou britannique. Au Royaume-Uni, la BBC prévoit pour l’année prochaine le lancement d’un assistant vocal, Beeb, qui comprendrait les différents accents anglais, véritable performance en soi ! Affaire à suivre.

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