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Retour sur la conférence All About Voice 2018

La conférence All About Voice s’est tenu à Munich la semaine dernière. Le Journal de la Voix était bien évidemment présent lors cette première édition, l’événement étant le premier de ce genre en Europe continentale.

Plus de 200 personnes se sont donc retrouvées dans la capital bavaroise quelques jours après la clôture de l’Oktoberfest pour écouter mais surtout échanger sur cette nouvelle révolution technologique qu’est la Voix.

Le Journal de la Voix à la conférence All About Voice
Alexis – cofondateur et éditeur du Journal de la Voix – à la conférence AllAboutVoice

L’audience comprenait aussi bien des participants très impliqués dans l’écosystème de la Voix (développeurs de Skills Alexa, spécialistes des interfaces vocales, représentants d’Amazon…etc) que des novices venus pour mieux appréhender comment se lancer.

All About Voice était intéressant pour les acteurs/observateurs français car Alexa est disponible outre Rhin depuis Mars 2017, soit 15 mois avant la France. Nos amis Allemands ont donc plus de recul que nous Français et leurs retours d’expérience s’avèrent très précieux.

Beaucoup de sujets ont été abordés lors de cette journée, aussi bien lors de présentations des intervenants, via des questions ou tout simplement lors d’échanges entre participants. Voici ce que nous en retenons.

Les commandes vocales sont là pour durer

Comme le notais Tim Kahle – l’organisateur de le conférence et fondateur de 169 Labs – en citant le Süddeutsche Zeitung (journal Allemand de référence) « Bientôt, nous nous demanderons coment des appareils sans commande vocale ont pu exister ». Pour Tim cela est du au fait que la Voix est plus facile, plus rapide et surtout plus pratique (que les autres interfaces).

L'éveolution des interfaces utilisateur

Par ailleurs, il semblerait que d’un mouvement « Voice First » il y a encore quelques mois, nous sommes passés à un mouvement « Voice Plus ». L’apparition d’appareils comme l’Echo Show font en effet que les interactions deviennent multimodales (voix + écran).

Pour finir, deux autres points à retenir. Le premier est que la Voix ne permet pas tout. Si les Skills Alexa peuvent remplacer certaines applications ou changer la manière dont nous faisons certains choses, ce ne sera pas le cas pour tout. Imaginez par exemple un instant opérer un fichier Excel par commande vocale : pas simple du tout.

Le deuxième point est le phénomène de « app fatigue » qui a été souligné par plusieurs intervenants. Nous avons tous des dizaines d’applications installées sur notre smartphone et on en sait plus ou elles sont ou comment elles s’appellent, à quoi ressemblent leurs icones. Bref, c’est compliqué de s’y retrouver. Ce qui n’est pas le cas avec la Voix où il suffit de dire Alexa/Google, fais ceci ou donne-moi cette information.

Avec la voix, il faut repenser son Branding

Le monde de la Voix semble poser de nombreux challenges aux marques. Ils disposent en effet de moins d’indices visuels pour communiquer et transmettre leurs identités. De plus Alexa comme Google Assistants sont des personnages qui impactent les marques.

Il existe donc le danger de se faire « happer » par l’écosystème. La BBC qui a plusieurs Skills disponibles sur Alexa a réalisé un sondage auprès d’un échantillon réduit d’utilisateurs et a découvert que près de 80% ne savaient pas qu’ils écoutaient la BBC. Ils pensaient écouter Alexa…

Pour remédier à cela, il est recommandé de repenser complètement l’identité de sa marque et de la conjuguer au mode vocal. La BBC – qui est un acteur non seulement de la TV mais aussi de la Radio – a décidé pour se faire de renforcer l’utilisation de jingles qui lui sont propres.

En plus des jingles et autres indices sonores pour se faire (re)connaître, la tonalité utilisée à travers les Skills permet aussi de se démarquer. Par exemple, votre marque préfèrera-t-elle utiliser un son court ou bien une réponse parlée plus longue pour répondre à une question. Alors, le son d’un buzzer ou Alexa qui dit « réponse incorrecte » pour votre Skill?

Le sujet de quelle voix choisir pour son application vocale était au cœur des débats ? Il y a trois solutions qui émergent, chacune avec ses avantages et ses inconvénients. La voix d’Alexa est très simple à utiliser mais ne permet pas de se démarquer. Un « voice actor » (comédien vocal) permet d’imprimer sa marque mais n’est pas toujours simple à gérer et ne permet par exemple pas de répéter ce que vient de dire un utilisateur. Une autre solution recommandée par certains est d’utiliser une des voix alternatives d’Alexa, telles que fournies par Polly. Cela ne permet pas complètement de se démarquer mais à l’avantage de rester très simple à mettre en œuvre.

Construire des applications vocales implique des changements

Lors de la conférence, il y a eu de nombreux échanges et retours d’expériences sur comment développer des applications vocales (Google Action ou Skill Alexa) aussi bien par la BBC, Deutsche Bahn (la « SNCF Allemande ») et Opearlo (un studio de développement de Skills Alexa).

Il y a deux maîtres mots à retenir pour les interfaces vocales : simplification et contexte

Simplification

L’exemple de Deutsche Bahn est probablement le plus frappant : ils ont dû réduire de plus de moitié les informations transmises par Alexa comparé au site web. Par exemple, le site web donne les indications sur l’existence d’un wagon-bar…ce qui si transmis par Alexa en plus des autres informations rendrait le tout très compliqué à retenir pour l’utilisateur. Les équipes de l’opérateur ferroviaire se sont donc contenter de répondre à trois types de demandes seulement : les départs, les arrivées, les connexions.

Contexte

Ce n’est pas quelque chose spécifique à la voix, mais un élément qui se trouve renforcé lors ce que l’utilisateur communique via un assistant vocal.  Dans le processus de design d’une Skill ou application vocale, Karen Kaushansky recommande de prendre en compte les éléments suivants :

  • Définir un cas d’utilisation : quand la voix va-t-elle apporter un plus, ou beaucoup de valeur
  • Comment accède-t-on à la Skill : sur un smart speaker ? sur son smartphone ? sur un objet connecté ? via un chat ?
  • Le cas du multimodal : quelles doivent être les inputs et les outputs ? Avec ou sans écran ?
  • La relation : créez-vous un compagnon, un super pouvoir, un assistant…etc. ?

Ce dernier point est revenu plusieurs fois. Il faut en effet bien garder en tête ce que l’on essaie de faire : est-ce une action (éteindre les lumières) ? Une demande d’information (à quelle heure passe le prochain tramway) ? Une transaction (acheter du produit vaisselle) ?

La voix concerne tout le monde

Lors de la création de Skills, toutes les équipes sont concernées : les équipes qui conçoivent les applications bien sûr, mais aussi les équipes Marketing/Ventes (comment faire connaitre ma Skill) et bien souvent les équipes techniques au sens large.

Dans le cas de Deutsche Bahn, ils ont aussi dû repenser la structure de leur base de données comportant le nom de stations : impossible pour Alexa de lire les abréviations ou noms incomplets ! Sans oublier la partie juridique (coordination avec les autorités, protection des données…etc) et ce alors qu’ils ne vendent pas encore de billets de train via Alexa.

Le Travail sur la Skill Deutsche Bahn

 

Alexa est l’écosystème de référence

Une des choses qui m’a le plus marqué lors de cette conférence était l’omniprésence d’Alexa. La conférence était sponsorisée – mais pas organisée – par Amazon qui y avait dépêché certains de ces évangélistes tels Max Amordeluso mais ce qui était frappant était que les intervenants parlaient tous d’Alexa et pas de Google Assistant.

Lors des pauses, les participants échangeaient des informations et conseils sur comment lancer une Skill…pas sur comment lancer une Action sur Google. D’ailleurs, cela se confirmait aussi dans les faits et les stratégies d’entreprise : Deutsche Bahn par exemple est déjà présent sur Alexa depuis son lancement en Allemagne (Mars 2017) et prévoit seulement « dans un avenir proche » de se lancer sur Google Assistant (qui lui a été lancé en Allemagne en Aout 2017).

Dans les nombreuses questions autour d’Alexa et son écosystème, la monétisation restait le principal sujet loin devant les considérations techniques ou pratiques. Il était d’ailleurs fort intéressant de constater que les différents média ou éditeurs présents restaient perplexe sur le fait qu’Amazon refuse la publicité sur la plateforme. Hors de question en effet pour la firme de Seattle que ses utilisateurs se fassent « pitcher » sans arrêt.

 

 

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